Prise de vue aérienne avec drone télécommandé

Prestation de photographie aérienne et video HD par drone
mercredi 20 janvier 2016
par  Marc Salama
popularité : 16%

Ces drones multirotors de 4 à 12 helices, sont légers et simples à mettre en œuvre sur un tournage, sans montage complexe ni réglages sans fin. La vivacité et la souplesse de certains mouvements de caméra aérienne notamment sur des sujets sportifs en forêt ou dans des environnements urbains confinés, en intérieur ou extérieur, en font un machine prête à filmer d’une redoutable efficacité... Tant que l’on a pas besoin de plus de 150 m d’élévation et d’un déplacement de la caméra supérieur à 20 km/h pour des conditions de vent n’excèdant pas 20 km/h laminaire. Une technique qui, à l’évidence, a la brise en poupe, mais « faut pas exagérer quand même », vous expliqueront les pilotes de bon sens, qui sauront vous refuser un plan si les conditions météo ne s’y prêtent pas...

C’est aujourd’dhui la solution de prise de vue aérienne la plus adaptée au tournage en ville et dans des décors confinés.

[Il y existe plusieurs méthodes complémentaires pour réaliser des prises de vues aériennes. La plus connue, l’hélicoptère permet de tourner des images de haut, (150 mètres minimum légal), notamment au-dessus des villes avec des systèmes sophistiqués et couteux de stabilisation qui atteignent la perfection, Wescam, Gyron ou Cineflex et qui permettent de zoomer de façon stable avec de forts télé-objectifs.

En paramoteur, ou ULM, nous n’avons le droit de survoler que les campagnes, les petits villages, hameaux, les vignes, les canyons ou déserts, en rase-motte ou survol de proximité, donc les décors naturels en général, mais pas de prises de vues en ville.

Le drone pour filmer en milieux confinés

Pour filmer des plans en travellings aériens à l’intérieur d’une ville, ou en milieux confiné, il faut un drone ou un ballon (aérostat) motorisé, qui puissent également entrer dans des salles de spectacles, des églises et tous décors intérieurs haut de plafond.

Un Aeronef de Prises de Vues Télépiloté, officiellement RPAS (Remotly Piloted Aircraft System), ou drone multirotors de tournage, n’a au mieux que 15 minutes d’autonomie de tournage ; on doit le poser pour changer les batteries fréquemment, et on peut faire une analogie simple : 1 plan = 1 batterie.

Les drones, Microkopter, Wookong ou Dji, entre autres, sont utilisés de façon croissante depuis 2006 en prises de vues aériennes dans la production audiovisuelle initialement en institutionnel, et de plus en plus en documentaire TV ou en fiction. Vibrations, décadrages (restabilisés en postproduction), problème d’autonomie des batteries et faible taux d’exploitation des rushes, ont été et sont encore parfois des verrous techniques.

Exploitation des rushes

Le taux d’exploitation des rushes avec un drone = 30%, mais, ils peuvent être remarquables, dans rayon d’action maxi de 100m. Encore faut-il s’assurer que le drone est adapté au poids de la caméra. Plus le drone peut embarquer de poids, plus il doit être puissant et de grande envergure, donc coûte plus cher et consommen plus d’éneregie.

Une prise de vue avec drone, c’est comme un tournage au trépied sauf qu’il est aérien, il faut se déplacer d’un décor à l’autre pour filmer dans un champ circulaire (une demi spère elliptique) de 150 mètres de plafond et 100m de rayon. Donc, il faut être équipé d’un véhicule approprié, pour assurer les déplacements d’un décor à l’autre et bien concevoir son plan de tournage.

A titre de comparaison, avec un paramoteur, en décor naturel, on tient 75 minutes en vol, avec deux à trois vols par jour et un rayon d’action de 30 km sans se poser. On obtient jusqu’à 60 minutes de rushes stables exploitables à chaque vol, soit entre 120 et 180 minutes par jour pour un taux d’exploitation des rushes 90 % (comme en hélicoptère ou avec une grue). Très interessant en situation de documentaire (Merci Nicolas ;-)) car le paramoteur couvre une majorité de types de plans : du grand ensemble jusqu’aux plans de proximité ou les rases-mottes. Seule l’élévation purement verticale est infaisable en paramoteur.

Un exemple de production rentable en paramoteur mais pas en drone : une opération de captation dans un décor agricole, des vignobles avec des Chateaux comme dans le bordelais, qui en compte plus de 250. En une demi-journée, un drone multicoptère pourra au mieux filmer un chateau et ses vignobles, ce qui équivaut à 125 jours de tournages pour les 250 décors, dans le meilleur des cas ! Un paramoteur avec prises de vues gyrostabilisé peut couvrir entre 15 et 25 Chateaux en un seul vol et sans se poser, ce qui réduit à 15 jours le nombre de journées de travail.

Donc, sur le plan technique et financier, le drone est à privilégier là où les autres techniques ne peuvent plus rien, c’est à dire dans des décors confinés, en ville ou en zone industrielle. Pour les grands décors naturels, le drone n’est pas le plus efficace des outils.

Les contraintes météo en prestation et la stabilisation

Paramoteurs, ballons et drones vidéo Microkopter ont un inconvénient commun que n’a pas l’hélicoptère en prise de vue aérienne : ils sont très sensibles au vent, au delà de 30 km/h de vent, ce n’est plus la peine d’essayer de voler si vous voulez de la stabilité. Pour vous éviter plusieurs jours de restabilisation couteuse en post-production, il faut attendre la prochaine fenêtre météo...

Les plans remarquables

Parmi les figures les plus remarquables pour le drone de prises de vues aériennes, on trouve :
- l’élévation verticale de la caméra avec plongée simultanée sur un sujet,
- spirale montante ou descendante avec ou sans plongée,
- plan zenithal en mouvement,
- découvertes après premier plan,
- rase-motte
- et ressource dynamique (élevation à 45°).

D’une manière générale, les tournages avec drone nécessitent un pilote "à vue" qui regarde son drone en vol, et un cadreur qui gère la caméra, son inclinaison (tilt) et le panoramique depuis son moniteur de controle qui affiche le cadre de la caméra, via une réception video HF depuis le drone de prise de vue.

La sécurité minimale

Pour des raisons de sécurité des personnes et des biens, pendant les longs déplacements de caméra (travelling) purement horizontaux dans une ruelle ou ailleurs, le pilote et l’opérateur caméra, un binome indissociable, doivent accompagner le drone, et, le cas échéant, être sur un véhicule en mouvement (scooter ou voiture) qui leur permette de rester proche de l’aeronef en vol et optimiser le pilotage. Pour réussir un beau plan, il vaut mieux ne pas trop s’éloigner de la caméra.

Mais il est également possible de filmer en immersion visuelle si les conditions le permettent, et que le multicoptère est sécurisé par une double commande de pilotage, un pilote "à vue" sécurise le pilote "hors vue", qui manœuvre en immersion subjective via une caméra spécifique installée sur le drone et qui renvoit une image dans un visio-casque. Cela demande un savoir-faire maitrisé, donc un pilote expérimenté et un cadreur copilote avec les double-commandes tout aussi rompu à l’exercice.

Dans cadre de Beauty Shots avec des déplacements simples de la caméra, le périmètre d’opération du drone de prise de vue se restreint de lui-même à quelques mètres du pilote et du cadreur.

Ceux qui penseraient que le drone de prise de vue se maitrise en quelques heures de simulateur, se trompent lourdement (le mot est particulièrement approprié) et devront en faire les frais...

La legislation change en 2012

Conformité des aéronefs, formations des télépilotes, sécurité, champ opératoire

On ne peut plus, depuis le 11 avril 2012, vendre une prestation professionnelle de prise de vues aériennes par drone, en ville ou en pleine nature, sans avoir préalablement conformer ses machines aux exigences techniques, notamment de sécurité en cas de défaillance en vol, et déclarer ses pilotes, obligatoirement munis d’un brevet theorique en aéronautique, sur un manuel d’activité particulière (MAP) qui détaille les éléments techniques et humains auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile.

En outre, une demande d’autorisation de vol spécifique aux missions prévues en ville ou sur des champs opératoires avec un public (manifestations, événements sportifs, spectacles, etc.) doit être préalablement déposée auprès de la préfecture départementale.

L’arrêté du 11 avril 2012 relatif à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord, aux conditions de leur emploi et sur les capacités requises des personnes qui les utilisent, a été publié au Journal officiel de la République française en date du 10 mai 2012 et concerne donc directement les fabricants, mais aussi les exploitants et opérateurs de prises de vues aériennes par drone multicoptère.

Si vous devez tourner en ville, le drone et le pilote doivent être homologués par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) et des autorisations préfectorales sont requises avec un délai de 6 semaines minimum à prévoir.

Les formalités

Dans le cadre d’une prestation de tournage avec un drone en ville, et de prise de vue en général, il faudra donc :
- déposer une demande d’autorisation de tournage en bonne et due forme à la préfecture départementale.
- sécuriser l’aire de tournage pour éviter de survoler des personnes ou des foules. Il est strictement interdit de survoler des foules, notamment sur des événements sportifs, spectacles, concerts, manifestations, etc.
- installer le plateau comme en télévision avec des rubans de délimitation pour le public et faire signer une autorisation d’être survoler dans le cadre du tournage, aux intervenants, comédiens, artistes, présentateurs, invités, figurants, et tous autres personnels techniques devant être survolés par le drone et sa caméra, à l’intérieur de la zone sécurisée du plateau.

A lire attentivement :
- Les démarches pour effectuer des activités particulières avec un aéronef télépiloté (drone)
- La liste des pilotes agréés DGAC
- La liste des constructeurs agréés DGAC


Tarifs de tournage et prises de vues aériennes par drones video HD, 4K

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Laurent Séquaris de Wam-Sequencis à confié à Absy.com la réalisation des prises de vues aériennes par drone, équipé d’une caméra HD Sony HDR-CX700, pour la production d’un clip publicitaire Renault Carmina Tomtom Traffic Performence, Pilote Hexacoptère Yann Havis, cadreur Marc Salama. Chef opérateur Olivier Dessalles, Réalisateur Olivier Legan.



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